Koumis à Song-Kol

« Il vous reste encore à peu près 500 m de dénivelé », nous prévient Jean-Jacques de La Ciotat qui dévale la piste pierreuse du col. Il va sans dire que cette nouvelle qui se voulait rassurante achève de nous briser le moral. Cependant, nous n’avons plus le choix car nous avons déjà fait presque les deux-tiers de la montée. Alors, nous ré-enfourchons nos vélos et reprenons notre lente avancée, lacet après lacet, en supportant en silence les motivations sonores des Lada qui nous doublent dans un nuage de poussière. Finalement, quatre heures après avoir quitté le fond de la vallée, nous pouvons nous arrêter pour apprécier d’un coté la folle perspective de la piste que nous venons d’emprunter et de l’autre, le lac Song-Kol qui s’étend sur un immense plateau d’alpage perché à plus de 3,000 mètres d’altitude. Nous l’avons fait !

Le lac Song-Kol était une étape obligée dans notre périple car il est souvent présenté comme le paradis de l’élevage. Des centaines de troupeaux de moutons, de chèvres, de vaches, de chevaux et même de yaks évoluent en totale liberté pendant la journée, paissant la ou l’herbe leur parait être la plus verte. L’espace qui leur est alloué est immense s’étendant sur des kilomètres entre les bords du lac et les montagnes encerclant la plaine. Le soir, les animaux sont parqués dans des enclos autour des yourtes. « L’hiver, le lac est gelé et les cols impraticables » nous apprend Uli, l’éleveur qui nous accueille dans sa yourte pour la nuit. « Nous ne sommes donc ici généralement que de juin à septembre. »

Ayant quelques problèmes gastriques, nous décidons de rester quelques jours, espérant que la magie du lieu aura raison de nos salmonelles.  Ca tombe bien, Rustam notre traducteur et guide local est aussi disponible pour nous parler des chevaux kirghizes et de leur lien avec la Route de la Soie :

« La Chine des Han avait besoin de chevaux grands et forts pour repousser les tribus nomades venues du Nord. Ils avaient entendu parler des chevaux qui « transpiraient du sang » (sans doute à cause d’infections parasitaires cutanées) qu’ils prenaient pour des cousins éloignés des dragons. Ils ont commencé à les échanger contre la soie tant convoitée, et la Route de la Soie était née ! ».

De retour chez Uli, l’expérience culinaire ultime tant attendue nous est enfin proposée. « Koumis, koumis ! » nous annoncent-ils en rigolant de toutes leurs dents dorées. On nous sert sous la yourte deux petites tasses d’une boisson blanche laiteuse qui sent bon le yaourt fait-maison. Il s’agit en fait de la tant redoutée boisson au lait de jument fermenté, terreur des touristes de tout horizon. « Nos ancêtres ont inventé le koumis pour agrémenter les longues soirées sur les haut-plateaux, c’est maintenant la boisson nationale », nous apprend-on. Nos intestins étant encore loin d’être remis de leurs récentes péripéties, nous trempons nos lèvres, apprécions le pétillant et nous échappons avec un grimace bien appuyée qui les fait beaucoup rire.

Nous sommes maintenant en route vers le sud du Kirghizstan, a quelques jours de passer la frontière tadjik et de nous engager sur la célèbre route du Pamir, la route la plus haute du monde. La pression monte !

Et pour info, plus de 1000 km au compteur ! Koumis pour tout le monde !

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Le lac de Song-Kol est entouré de cols difficiles… mais accessibles !

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Le lait de jument fermenté est le Coca local, tout le monde en boit toute la journée !

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Avec Rustam, notre guide local.

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Ici, les animaux ont un espace infini à leur disposition et de l’herbe grasse a profusion !

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