Des plumes dans l’air

Les montagnes et la steppe autour de Bokonbayevo ont longtemps été une aire de nidification pour les oiseaux de proie d’Asie centrale comme l’aigle et le faucon. C’est en partie pour cette raison que cette ville, située sur la rive sud du lac d’Issyk Kol, héberge de nombreux « berkutchis », les adeptes de la chasse à l’aigle.

« La chasse à l’aigle est un art », nous raconte Ruslan « Il faut être courageux, patient et téméraire pour dompter un grand animal sauvage comme l’aigle royal. Voilà pourquoi il y a si peu de berkutchis. Beaucoup de jeunes aspirent à le devenir, mais peu y réussissent » ajoute-t-il.

Ruslan vit avec ses grands-parents, parents, sœurs et frères et enfants. Avec l’aide du Community Based Tourism (CBT), il propose des visites à son domicile pour raconter l’histoire de la chasse à l’aigle au Kirghizstan, montrer son art avec tenue traditionnelle, gants et hottes en cuir. Vous aurez ensuite sans doute la chance d’enfiler vous-même le gant et de soupeser les impressionnants rapaces. Frissons garantis !

Ruslan a appris la chasse à l’aigle il y a plus de 15 ans, et passe maintenant la saison d’hiver à chasser en montagne. « Quand j’étais jeune, j’ai toujours été fasciné par les aigles » nous dit-il. « A l’époque, mon oncle était lui-même un berkutchi. C’est lui qui m’a tout appris. A l’âge de 11 ans, j’ai piégé avec lui mon premier aiglon sauvage. Je l’ai rapporté à la maison et commencé mon premier travail de dressage ». En hiver, Ruslan chasse biches et lapins pour leur viande. Les proies telles que renards, chacals et loups sont chassées pour leur peau et fourrure, leur viande étant cette fois destinée aux aigles. En été, il continue à entrainer ses aigles et essaie de promouvoir cette tradition auprès des touristes.

Les aigles femelles sont plus fréquemment utilisées pour la chasse pour leur puissance et leur grande taille. « Karakus (Œil noir) est un excellent chasseur, elle a capturé une fois un loup ! Karachin (Plume noire) est plus difficile à contrôler, elle a son caractère ! » Une fois dressé, l’aigle ne répondra qu’à un seul partenaire de chasse durant toute sa vie, donc ne pensez pas partir à la chasse avec un de ses aigles ! En outre, il est important de dresser l’aigle avec respect, n’oubliez pas que rien ne l’empêche de se retourner contre vous ou même ne plus revenir. Ruslan nous assure qu’il relâchera Karakus et Karachin quand elles auront 20 ans et que, même si elles auront vécu en captivité pendant la majeure partie de leur vie, elles pourront survivre à l’état sauvage.

L’histoire raconte que la chasse avec des oiseaux de proie a probablement commencé il y a des siècles dans les steppes d’Asie centrale. Elle a longtemps été un sport favori des dirigeants d’Asie centrale, Genghis Khan ayant, parait-il, plus d’un millier d’oiseaux de chasse. Aujourd’hui, avec l’avènement des épiceries et marchés de bétail, les berkutchis et la chasse à l’aigle se font rares. Néanmoins, Ruslan est fier de continuer à faire vivre cette tradition.

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Ruslan a dressé son premier aigle à l’age de 11 ans.

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Ces serres peuvent tuer un renard, un chacal ou même un loup !

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“Quand j’aurai 20 ans, je serai libre !”

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L’été, Ruslan essaie de promouvoir son art auprès des touristes de passage.

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