Véto des villes, véto des champs

La région du Pamir reste une des régions les plus isolées au monde. Surnommée le « toit du monde », elle représente 45% du territoire Tadjik mais seulement 3% de sa population. Son relief extrêmement montagneux, ses conditions climatiques rudes (précipitations faibles et importants écarts de températures), associés à de fréquents séismes  et des inondations, rend toute vie difficile. Dans la partie nord du Pamir, la population se réduit donc à quelques éleveurs qui font paître des troupeaux de yaks, de vaches, de moutons et de chèvres dans ces zones où seule l’herbe pousse autour des quelques cours d’eau.

C’est dans ce contexte qu’Akjol exerce son métier de vétérinaire rural.

« L’élevage dans les prairies d’altitude reste une source de revenus essentielle pour les habitants de la région. » nous explique–t-il, « Les alpages représentent une source infinie d’aliment de qualité et bon marché ! Ici, les bêtes sont élevées pour leur viande, leur lait qui sert à produire de la crème et du yaourt et leur laine et leur cuir qui servent à confectionner des vêtements et autres ustensiles. Leurs bouses séchées permettent aussi de produire du combustible.»

Il est 14h, Akjol nous invite à monter dans sa Lada cabossée pour aller voir une vache couchée. Nous sommes tout excités à l’idée de partager la routine d’un confrère Pamiri et l’accompagnons donc avec plaisir chez un éleveur situé dans le piémont du Pamir, à quelques dizaines de kilomètres du village de Sary Moghol. En route, il commente : « En ce moment, c’est l’été, la route est facile. Mais l’hiver, les températures sont largement négatives, les vents violents et la neige abondante. C’est la galère ! Mais, même s’il est dur, j’aime ce métier ! » Cela nous rappelle les récits de nos copains évoquant le métier de vétérinaire l’hiver dans des régions montagneuses du centre de la France. Arrivés chez l’éleveur, c’est un diagnostic sans stéthoscope et sans thermomètre qu’il va falloir conduire, et cela semble normal. « Ici la médecine vétérinaire est rudimentaire, nous manquons lourdement de moyens et d’infrastructures. »

« La principale maladie infectieuse des bovins circulant dans la région est appelée yarche. Elle se manifeste par de la fièvre et des lésions dans la bouche et sur les pieds », nous informe Akjol en sortant de son coffre trois seringues ainsi qu’un flacon rempli d’un liquide blanc. « Mais nous savons comment la prévenir ! » Nous passons le reste de l’après-midi à courir après une vingtaine de vaches pour essayer de les vacciner contre cette terrible maladie mieux connue dans nos contrées sous le nom de fièvre aphteuse.

Apres l’effort, le réconfort, nous finissons la journée près du feu avec bol de thé, pain rond et beurre de yak en guise d’apéro. Un moment convivial !

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Élevage bovin familial dans les montagnes du Pamir.

 

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Akjol s’apprête a vacciner tous les veaux de l’élevage contre la fièvre aphteuse.

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Après l’effort le réconfort autour d’une tasse de thé et de quelques tartines au beurre de yak

 

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La dream team des vaccinateurs !

 

 

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2 thoughts on “Véto des villes, véto des champs

    • Oui, la langue est souvent un probleme assez frustrant ! On se débrouille pour avoir un interprete les jours ou on essaie d’avancer notre projet. C’était facile au Kirghizstan grace au CBT (Community Based Tourism, une asso assez répandue dans le pays dont les membres parlent relativement bien anglais), plus difficile au Tadjikistan, mais on a toujours trouvé quelqu’un qui pouvait faire le lien. Bonne route en Amérique du sud !

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