Le Vélo de la Soie en Ouzbékistan

Elles ont inspiré de grands poètes, évoquent la magie de l’Orient et symbolisent la réussite de la Route de la Soie. Quelles villes dans le monde ont inspiré plus de voyageurs que les grandes cités d’Ouzbékistan telles que Samarcande, Boukhara et Khiva ? Après une immersion sauvage de deux mois dans les natures kirghize et tadjike, rien ne nous faisait plus plaisir que de nous frotter à un peu de culture. Ces trois semaines en Ouzbékistan ont été pour nous comme une bouffée d’oxygène nous sortant de la routine animaux, vélo, montagne, piste, immensité, dodo.

Les étapes cyclistes n’ont pas été aisées. Si le Pamir a présenté une difficulté physique certaine du fait de la mauvaise qualité des routes, de l’altitude et des importants dénivelés, l’Ouzbékistan`nous a clairement fait souffrir psychologiquement ! L’Ouzbékistan est un désert. Il y fait chaud (jusqu’à plus de 40 degrés parfois), les routes sont plates et droites  sur des centaines de kilomètres et les paysages ne changent pas. Les heures passées à vélo nous ont donc souvent paru très longues ! Au total, nous aurons pédalé dans le pays près de 900 kilomètres de la frontière tadjike à la frontière turkmène en faisant étape à Samarcande et Boukhara. On a beaucoup râlé, mais il faut quand même reconnaitre que les routes y sont de bien meilleure qualité qu’au Tadjikistan, nous permettant souvent d’avancer à une vitesse moyenne dépassant les 20 km/h. Impensable au Tadjikistan, même pas en rêve ! Heureusement pour notre moral, Andy et Clare (nos potes cyclistes anglais) nous ont fait le plaisir de se joindre à nous pour la deuxième section, la rendant plus facile à digérer. Comme vous l’aurez compris, alors qu’au Tadjikistan le plaisir résidait dans les étapes de vélo, nous avons pris notre pied en Ouzbékistan dans les étapes de repos !

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Il fait parfois si chaud que nous sommes obligés de pédaler a poil. Pari “tout-nu” !

Rapidement, nous remarquons que l’hospitalité Ouzbèke est un peu en deçà de celle de ses voisins tadjikes ou kirghizes. En creusant un peu, nous apprenons que, pour accueillir un étranger, l’hôte doit être en possession d’une autorisation délivrée par le gouvernement en échange d’une taxe que seuls les hôtels peuvent se permettre de payer. Rectifions donc : le peuple ouzbèke est très chaleureux mais les étrangers doivent être surveillés de près (il est très difficile pour les journalistes étrangers d’obtenir un visa d’entrée).

Notre arrivée à Samarcande a sans doute été un des moments les plus excitants et émouvants de notre (courte) vie de voyageur. En préparant ce projet, nous avons rêvé de cette ville mythique de la Route de la Soie pendant des mois, s’imaginant que le jour où nous pourrions pédaler autour des madrasas colorées du Registan n’arriverait jamais. Et pourtant, le 18 septembre 2016, nous y sommes entrés et les jours suivants, l’avons dévorée. Bien que controversée car n’abritant plus beaucoup de ruines authentiques, Samarcande a le mérite de présenter avec fierté ses haut-lieux historiques tels qu’ils furent probablement  au temps de son apogée. Nous apprécions les mosaïques compliquées et l’architecture timouride (reproduites) mais sommes un peu déroutés par les hordes de touristes. Nous sourions en nous rappelant que nos parents croient que nous sommes des pionniers, vivant le danger à chaque instant entourés de terroristes ! Boukhara et Khiva sont des lieux tout aussi magiques, mais présentant l’avantage d’être plus petits donc plus calmes. Les grandes cités ouzbèkes ayant joué un rôle crucial au temps de la Route de la Soie, nous faisons le plein d’information sur ces routes commerciales entre l’Orient et l’Occident et sur le rôle joué par les animaux dans leur développement.

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A la découverte des mosquées, madrasas et palais ouzbèkes avec Andy et Clare.

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Une madrasa a Samarcande.

Souhaitant observer de nos propres yeux un des plus importants désastres écologiques du XXème siècle, nous décidons de filer vers le nord et de nous rendre à Moynaq, une petite ville de pêcheurs de laquelle la mer d’Aral s’est éloignée de 170 kilomètres en 50 ans. Cette escapade, dont le trajet aura duré deux fois plus longtemps que notre séjour sur place, restera sans aucun doute un des moments les plus forts de cette expédition. Pour ceux qui viennent de nous rejoindre, nous l’avons déjà racontée ici.

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Pour irriguer les champs de coton, l’homme a asséché la mer d’Aral.

Si tout se passe bien, nous entrons demain au Turkménistan, un des pays les plus fermés au monde. Nous avons le droit de n’y rester que cinq jours. Sera-ce suffisant ?

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8 thoughts on “Le Vélo de la Soie en Ouzbékistan

  1. je vous suis depuis le 10 juillet et suis pantois devant l’ energie deployée. Et encore vous ne nous contez que l’ avouable, positif, admirable… Vous avez largement passé les 2 mois, encore bravo et courage. Jean.

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  2. C’est chouette que vous ayez pu souffler un peu… Et c’est vrai que la diversité dans le voyage au long cours permet de se relancer dans l’aventure de plus belle !! c’est toujours aussi fou de se dire que deux pays si proches puissent être aussi différents dans ce qu’ils ont à nous offrir…
    bref, bonne continuation au Turkmenistan qu’il me tarde d’entrevoir à travers votre regard !
    gros bisous !
    chloé

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    • On est tres intrigue par ce que le Turkmenistan aura a nous montrer !!! On va sans doute faire un peu de train pour avoir le temps d’aller a Ashkabad, capitale apparemment faite de marbre et d’or ! Il y a un elevage d’Akhal Teke qu’on vise depuis des semaines. Mais on verra si la police nous laisse nous ecarter de la route des cyclistes…

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  3. J’ai rattrapé mon retard de lecture…ouf! Les photos sont magnifiques et vous écrivez super bien! ça donne envie de découvrir ces pays (pas à vélo pour ma part par contre!lol). Bon courage pour la suite, hâte de vous lire de nouveau 😉
    Bisous bisous

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  4. Merci merci merci pour vos posts.
    Vous remplissez chaque fois un peu plus mon cœur et mon esprit d’histoire, d’aventure, de sourires.
    continuez de prendre soin de vous! Et SI vous passez par Amol près de la mer Caspienne, arrêtez vous au café Camus 😘 Mon cousin aura la grande fierté et surprise de vous servir… avec grand plaisir ! Des bisous

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    • On est actuellement a Mashhad (c’est quand meme fou d’etre dans ton pays !!!). On a décidé de rejoindre Téhéran par la route de la Caspienne (on en a marre du désert). On s’arretera avec plaisir chez ton couz (faut que je regarde ou c’est quand meme !!!) Gros bisous

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      • Oui oui oui faites cette route de la Caspienne. Le Golestan est si beau vous vous y régalerez ! Par contre ce sera ardu près de Damavand les dénivelés sont costauds et les iraniens dangereux sur la route!
        J’espère que vous avez pu rentrer voir la mosquée de Mashad. Moi je n’y ai jamais été. Sarah ma dit qu’elle avait vécu ce moment comme plein de sérénité et de bienfait.
        Imbibez vos rétines et vos mémoires feront le reste. Je vous ADMIRE tous les 2. Sincèrement. Ma famille saura vous réchauffer si vs allez les voir. Pour sûr! Prenez soin de vous +++

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